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Texte extrait des articles du Vicomte L. de Montravel.
| Histoire générale
du sanctuaire
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Julien Gineste, Sieur Delille (ou Delile), né à
Montredon, hameau de
la commune de
Lablachère, le 26 février 1641 (acte de baptême / détail
acte de baptême /
acte de décès), fils de Gaspard Gineste, gendarme de la garde du roi,
médecin plus ou moins diplômé mais apprécié de ses compatriotes comme un
bienfaiteur public, demeurait à
Paris où il avait épousé noble demoiselle Marie Anne de Paulet. S'étant retiré
du service après le traité de Nimègue en 1678, il vint habiter dans sa maison paternelle où il
donne des soins et remèdes charitablement, sa femme le secondant généreusement.
Ces deux époux, fort pieux, avaient apporté une statue de la Sainte-Vierge pour
la placer et l'honorer dans leur demeure. Statue en beau noyer sculpté, œuvre
d'un imagier habile du XVIIe siècle, elle représentait la reine du ciel tenant
le sceptre de la main droite et de l'autre l'Enfant-Dieu, drapée majestueusement
et souriant avec bonté.
Un jour, le Sieur Delille, dans une de ses tournées de malades, passe au bord du
plateau de la Raze par le chemin du Péage. Son
cheval s'abattit soudain et fut pris dans les étriers, sans qu'il lui fût possible de se
dégager, ni son cheval de se relever. Voyant tous ses efforts infructueux et la
situation devenant critique, il fit le vœu d'élever dans cet endroit une
chapelle et d'y placer sa statue. A l'instant, le cheval se releva et put
continuer sa route.
Une fois tiré du danger, le Sieur Delille ne pensait plus à son vœu, lorsque
l'année suivante, repassant au même endroit, son cheval s'abattit de nouveau
dans une crevasse du rocher et il se trouva dans le même danger. Se rappelant
alors son vœu, il le renouvela avec promesse de ne pas différer de l'accomplir
et aussitôt il fut dégagé.
Fidèle cette fois à sa promesse, il fit construire à l'endroit même une
petite chapelle étroite et oblongue, éclairée par une lucarne, le tout ayant
une superficie de seize mètres carrés. Il y transposa sa statue et mit la
chapelle sous le vocable de Notre-Dame de Bon Secours. L'acte de fondation
fut passé deux ans après le premier vœu, le Sieur Delille ayant alors 39
ans, devant Maître Rodilly, le 10 mai 1682. La permission de l'évêque est en
date du 5 mai précédent. La première pierre
fut posée le dimanche des rameaux 22 mars 1682, par ledit Rodilly, curé de
Lablachère et la chapelle achevée fut
bénite par le même, délégué par Monseigneur de Suze, évêque de Viviers,
le 8 septembre de la même année. Le curé Rodilly célébra donc sa première
messe dans la chapelle ce jour-là.
Les fondateurs se
réservèrent la nomination du chapelain, qui fut Jean Rodilly curé de
Lablachère et ainsi qu'une clef pour leur permettre d'aller prier quand bon
leur semble.
Les curés de Lablachère administrèrent la chapelle de 1682 à 1777, n'y
disant que trois messes par an.
En 1691, M. Rodilly se retire de son ministère (dernier
acte dans la paroisse) à cause de ses
infirmités mais vivra encore une vingtaine d'années et décédera vers
1712. Il est remplacé en 1691 par M. Cornihlon, prêtre, qui sera
nommé curé de Lablachère le 24 avril 1692.
Le 22 mars 1709, M. Gros, curé de Lablachère et nième
successeur de M. Rodilly, est assassiné à Chalencon sur la route de
Notre-Dame. On découvrit les assassins quelques heures après seulement, à
500 m, une force secrète les ayant retenus malgré eux.
Le 2 avril 1711, Marie-Anne de Paulet, femme de Julien Gineste, décède et
est inhumée dans la chapelle de Notre-Dame de Bon Secours le lendemain 3
avril.
Le 17 février 1713, Le Sieur Delille étant veuf, nomma pour chapelain, M. Daurebonne (ou D'Aurebonne), curé de Lablachère. Le 26 novembre 1713, le Sieur Delille
décède à l'âge de 72 ans et est inhumé le 27 novembre dans la chapelle de Notre-Dame de Bon
Secours (acte de décès).
Son légataire universel fut M. Daurebonne, selon acte rédigé deux jours
avant sa mort par maître Guigou, notaire.
Par son testament, le sieur Delille remet à la chapelle toutes les sommes
qu'on lui doit. la moitié des sommes qu'on lui doit devra être consacrée
aux réparations qui pourraient être utiles au sanctuaire. Il assigne une
rente annuelle à payer aux pauvres, le 8 décembre, fête de l'immaculée
conception et enfin les deux époux demandent que leurs corps reposent en ce
lieu vénéré.
Après la mort du Sieur Delille, le marquis de Chanaleilles de la Saumès,
obtint du neveu Michel Delille, le patronage et la clef de la chapelle.
le 6 juin 1714, lors de la visite canonique de
l'église Saint-Julien de
Lablachère, L'official-commissaire, Messire Jean-Joseph Chabert, curé de
Largentière se rendit à la chapelle et la décrivait ainsi:
"Elle a environ seize pas de longueur sur dix de largeur. Elle est bien
voûtée, blanchie et pavée d'un glacis fort propre. L'autel est du côté de
l'orient dans un arceau voûté pareillement peint et blanchi; il est pourvu
des ornements nécessaires au service divin".
Messire Guillaume-Joseph de Chanaleilles, Comte de la Saumès, voyant qu'après presque cent ans depuis la fondation, le concours
des fidèles allait toujours en augmentant et que les miracles étaient plus
fréquents, pria l'évêque, monseigneur Joseph Rollin Morel de Mons, d'accorder un prêtre pour desservir exclusivement
la chapelle. Monseigneur envoya Pierre Richard pour chapelain en titre,
qui prit possession le 1er août 1777. Il avait été heureusement choisi,
vicaire de
Rosières,
originaire de Joyeuse, appartenant à la famille qui
possédait et avait fait don du terrain sur lequel avait été bâtie la chapelle ainsi que tous
les alentours. Il se mit aussitôt à défricher les terres, consentit à
quelques échanges favorables à l'œuvre, bâtit des maisons et fonda le hameau
de
Notre-Dame.
Ensuite il s'occupa de construire une église et un presbytère et pendant les
travaux il reçut l'hospitalité au château de la Saumès.
Ces travaux débutèrent en 1783.
Cette nouvelle chapelle ou église, quoique très petite, était à trois nefs.
Peut-être mal construite, fermée pendant la Révolution Française, mal
entretenue, soixante ans plus tard elle menaçait déjà ruine.
M. Richard eut beaucoup à souffrir pendant la révolution, obligé de se
cacher, ayant été dénoncé par un de ses parents furieux de voir qu'il
consacrait toute sa fortune à l'œuvre de Bon Secours. Arrêté, conduit à
Joyeuse, il fut rendu à la liberté par l'intervention de toute la population
de la ville.
En 1829, quoique âgé, il entreprit la construction d'une nouvelle église,
sur un plan grandiose et digne d'un pèlerinage devenu célèbre, mais sa mort
arrivée le 28 janvier 1830 laissa l'œuvre à peine commencée.
M. l'Abbé Jean-Antoine Boisson, qui lui avait été donné comme coadjuteur,
devint en 1830 le chapelain de Bon Secours. Il continua son œuvre
qu'il ne pût voir achevée, étant mort le 24 août 1835, âgé de 66 ans.
Aussitôt après sa mort, M. l'Abbé Deschanels, de la paroisse de
Payzac devint le
dernier chapelain, le pèlerinage ayant été par décision de
Monseigneur
Hippolyte Guibert, évêque de
Viviers,
confié aux Oblats de
Marie-Immaculée, qui achevèrent l'église, firent un beau clocher et de
nombreux embellissements. Sur le clocher ils dressent une statue de la
Vierge, reproduction de la Médaille Miraculeuse, qui fait face à la montagne
cévenole dans un paysage vallonné où vignes et oliviers lui rappellent sa
Galilée natale. Dans son dos, s’étend la garrigue, véritable forêt de
rochers et d’arbustes où se dressent d’antiques dolmens.
M. Deschanels fit construire une maison proche de l'église où il mourut et
fut inhumé à Payzac.
Sous l'administration de ces divers curés et chapelains le village
s'agrandit et on y établit une institution de frères et une communauté de
Carmélites, mais pas sans de grandes difficultés.
En 1855, l’église est consacrée par
Mgr
Eugène de Mazenod, Evêque de
Marseille et fondateur des
Oblats de Marie-Immaculée.
Il s'était écoulé deux siècles, le 10 mai 1880, depuis le jour de l'acte de
fondation de la chapelle et le pèlerinage de plus en plus fréquenté.
Monseigneur
Bonnet, le zélé évêque de Viviers, jugea que le moment était
arrivé de consacrer le culte de la Sainte-Vierge à Notre-Dame de Bon Secours
d'une manière éclatante et pour ainsi dire officielle dans tout son diocèse.
Par son mandement il invitait tous les fidèles à prendre part à une
souscription pour faire don à Notre-Dame d'une brillante couronne qui serait
placée solennellement sur la tête de la statue en présence de Son Éminence
Monseigneur le cardinal
Guibert, archevêque de paris, ancien évêque de
Viviers, assisté de nombreux prélats et au milieu des populations convoquées
de tout le diocèse. Cette fête fut fixée aux 21 et 22 août 1880.
Les temps n'étaient pas cependant favorables, les esprits étaient agités et
troublés par les iniques décrets pourchassant les congrégations religieuses.
Monseigneur
Bonnet jugea qu'il n'y avait pas lieu de reculer, que plus la
foi courait de dangers plus il fallait que chacun pût librement et
publiquement la confesser.
Monseigneur avait raison, la fête fut magnifique malgré les entraves et les
vexations de certains maires entre autres ceux de Lablachère et Joyeuse.
Trente mille personnes acclamèrent la gloire de la mère du Sauveur.
Peu de temps après, le 4 novembre 1880, eut lieu la première
expulsion
des Pères, suivie vingt-trois ans après, en 1903 par la
deuxième expulsion.
En 1930, l’église est élevée au rang de
Basilique
mineure.
Une Maison diocésaine est construite à partir de 1936, en face du sanctuaire
pour l’accueil des fiancés et de groupes de réflexion et d’échanges. Confiée
aux Sœurs de Saint Joseph, elles y assurent l’accueil de pèlerins, de
retraitants et de différentes rencontres et sessions. Depuis 1995, le
pèlerinage est animé par les prêtres du diocèse.
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